Paul Esmein : les mutuelles d’assurance investisseurs privilégiés du long terme

10/10/2019

Les spécificités du modèle des mutuelles d’assurance les conduisent à mener une politique d’investissement structurellement tournée vers le long terme. Une approche peu encouragée par la règlementation actuelle alors que leur gouvernance leur permet pourtant davantage de résilience en cas de crise. En 2020, la révision générale de la directive Solvabilité II pourrait être l’occasion de corriger cette situation, selon Paul Esmein Directeur Général de l'Offre et du Service Client Covéa.

Dans le dernier numéro de la Revue d’Economie Financière consacré à la Finance Mutualiste, Paul Esmein, Directeur Général de l'Offre et du Service Client Covéa, publie un article au titre évocateur : « les mutuelles d’assurance investisseurs privilégiés du long terme », qui montre en quoi les mutuelles d’assurance en tant qu’investisseurs contribuent en Europe à l’investissement de long terme, particulièrement en actions.

En voici l’abstract :

  • Les spécificités du modèle des mutuelles d’assurance les conduisent à mener une politique d’investissement structurellement tournée vers le long terme, contribuant ainsi significativement au financement des entreprises et de l’économie.
  • En effet, la gouvernance des mutuelles d’assurance leur permet d’être souvent mieux capitalisées, davantage orientées vers le long terme et plus résilientes face aux crises financières.
  • Cette démarche de long terme est renforcée par la part dominante de l’assurance non-vie dans les groupes mutualistes, qui gèrent des passifs longs et stables.
  • Grâce à ces passifs longs et stables, les mutuelles d’assurance sont susceptibles d’avoir une exposition plus orientée vers les actions.
  • Or, la littérature montre que les actions s’avèrent peu risquées sur un horizon d’investissement long terme : on observe sur le long terme un effet de retour à la moyenne du rendement des actions et une réduction de la volatilité. A noter particulièrement le rôle important des dividendes dans la performance globale.
  • Cette stabilité globale (gouvernance, structure du passif…) renforce la capacité à décider du moment opportun d’acheter et de vendre les titres détenus sur les marchés financiers afin d’entretenir constamment les meilleures perspectives de performance, et non la contrainte de subir des pertes issues de ventes forcées effectuées au pire moment.
  • La capacité à agir de manière contra-cyclique est source de performance pour l’investisseur de long terme, mais aussi un élément particulièrement bénéfique au bon fonctionnement des marchés financiers.
  • Pourtant, malgré des ajustements récents, la réglementation prudentielle actuelle encourage peu cette approche. La révision de la directive Solvabilité II en 2020 est une opportunité de poursuivre la réflexion en ce sens.